« Brexit », Hervé Gicquel réagit

Brexit text with British and Eu flags illustrationLe jeudi 23 juin 2016, les Britanniques ont voté en faveur d’une sortie de leur pays de l’Union européenne dans le cadre d’un référendum. La participation au scrutin a été forte avec un taux de 72,2% de votants. Il s’agit d’un séisme pour notre continent et d’un coup de massue contre les idéaux de la construction européenne qui nous invitent à tirer plusieurs enseignements.
Première leçon, le vote des britanniques exprime la peur d’un peuple face à un monde bouleversé par la crise économique, les problèmes migratoires, le terrorisme, la fragilisation de l’Union Européenne à partir de 2008 et le naufrage de la Grèce et ses conséquences en cascade sur les pays membres.

Deuxième leçon, le scrutin est révélateur des conséquences de la fracture sociale dans un pays où les inégalités sont importantes. En effet, le Royaume-Uni a deux visages. Derrière, le dynamisme de la City de Londres et d’un taux de chômage bas au niveau national se trouvent aussi des classes moyennes et populaires dont la vie quotidienne est extrêmement difficile enchainant des emplois précaires.

Troisième leçon, le camp du « Brexit » est une contestation des élites qui perdent en légitimité. Les institutions, qu’elles soient nationales ou européennes, politiques ou économiques, sont aujourd’hui suspectées de ne chercher que le renforcement de leur propre pouvoir et d’oublier les citoyens. Le vote contestataire pour des extrêmes, de droite comme de gauche, progresse tous les jours.

Ces tensions sont à l’œuvre dans l’ensemble des pays de l’UE et en France particulièrement qui connait une situation difficile sur le plan économique, politique et social. Il ne faut pas que les élections présidentielles de 2017 dans l’Hexagone nous engagent dans un « Franxit ». En cela, les candidats à ce scrutin devront veiller à proposer des programmes réalistes et basés sur des actions concrètes en faveur de l’intérêt général.

Face à un monde complexe et aux difficultés de l’Union Européenne à agir pour protéger ses concitoyens, le repli sur soi a gagné une bataille au Royaume-Uni, mais je l’espère, pas la guerre. Il faut réinventer l’Europe.

Je reste persuadé que l’action collective est la meilleure arme pour relever les nombreux défis auxquels nous sommes confrontés. C’est d’ailleurs sur cette idée de coopération que la construction européenne était née pour faire renaitre une Europe entièrement dévastée par la seconde guerre mondiale.

L’Europe ne redeviendra attractive qu’en démontrant sa capacité d’unir les pays qui la composent pour répondre aux questions qui préoccupent les peuples.

Enfin, je pense aux citoyens de Trowbridge, notre ville jumelle, en Grande-Bretagne et à l’ensemble de nos concitoyens qui travaillent depuis plus de 25 ans dans le cadre de notre jumelage.

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