Projet de reconquête des voies sur berges : Charenton demande des études complémentaires et une réelle concertation

berges de seineLa Ville de Paris mène une enquête publique du 8 juin au 8 juillet 2016 dans le cadre de son projet de fermeture des voies sur berges à la circulation automobile au profit d’une liaison piétonne et cyclable des bords de Seine. Charenton qui devra supporter les conséquences de ce choix parisien déplore la méthode retenue par la Ville de Paris pour la promotion de son projet, les éléments sur lesquels elle se fonde et enfin le manque de concertation avec les villes concernées. C’est pourquoi ce sujet a fait l’objet d’un vœu lors du Conseil municipal du 27 juin dernier.
HGDans le cadre de la méthode retenue par la Ville de Paris pour la promotion de son projet, Charenton déplore :

– Le recours à des stratégies de contournement
de l’obligation d’une concertation adaptée aux enjeux du projet en consultant le grand public et les collectivités en plein cœur de l’été, sur la
base d’orientations floues, empêchant le plus grand nombre de s’exprimer sur cette question avec des éléments précis.
– L’approche fragmentée de l’aménagement des berges de la Seine, présentée de manière à en minimiser l’impact final excluant l’automobile de Paris intra-muros sans prendre en compte les conséquences sur la vie quotidienne des métropolitains et l’activité économique de la « Région Capitale ».
– La négation de la construction métropolitaine dans ses dimensions institutionnelles, urbaines, et citoyennes. La ville de Paris revendique une part prépondérante dans le cadre de la Métropole du Grand Paris créée le 1er janvier 2016 tout en menant ce projet d’aménagement des voies sur berges sans que les collectivités riveraines n’aient jamais été associées à sa démarche.
– L’absence actuellement d’alternatives efficaces sur le plan des transports publics routiers et ferrés pour répondre aux besoins des habitants de la Métropole n’ayant pas d’autres choix que d’utiliser leurs véhicules via cette liaison urbaine longeant la Seine.
Par ailleurs, les éléments sur lesquels la Ville de Paris fonde la mise en œuvre de son projet sont fragiles. En effet, la crue de la Seine du début du mois de juin 2016, qui a entrainé la fermeture des voies sur berges, a généré des bouchons considérables (près de 340 kilomètres), accroissant de plus de 30 minutes le temps nécessaire aux automobilistes pour parcourir les 3,3 kilomètres qui séparent le tunnel des Tuileries du tunnel Henri IV. Cet épisode remet en cause la pertinence des études présentées par la Ville de Paris quant à l’impact de ce projet.
Par conséquent, la fermeture définitive de cet axe de circulation va entrainer une congestion de tout le réseau avoisinant, contrairement aux analyses produites par les services de la Ville de Paris.
D’autant plus que la concomitance de nombreux autres projets de la Capitale et franciliens à venir susceptibles d’affecter les conditions de circulation
sur le réseau routier de l’agglomération vont aggraver
la situation.
Enfin, cette initiative va amplifier le phénomène de congestion automobile et
donc de pollution atmosphérique dans et autour de la Capitale allant ainsi à contre sens des orientations précédemment approuvées par le Conseil de Paris au sujet de la mise en œuvre de son plan pour la qualité de l’air voté en février 2015.
Or, Charenton-le-Pont sera particulièrement touchée par tous les effets négatifs de la fermeture des voies sur berges car elle se trouve au croisement de l’autoroute A4 et du boulevard périphérique qui sont déjà reconnus comme étant parmi les axes routiers urbains les plus fréquentés d’Europe et sources répertoriées de nuisances (Point Noir du Bruit…).

C’est pourquoi, lors du Conseil municipal du 27 juin prochain,  Charenton a émis un vœu en direction de la Ville de Paris.

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